La grande question mis en exergue est la suivante; Barbie favorise-t-elle l’épanouissement et le développement de la femme ou un conditionnement à un idéal masculin oppressant et répressif à l’égard des femmes ?

Le choix d’introduire cette série d’articles par une réflexion sur Barbie n’est pas anodin pour moi. Il souligne un besoin de partager et d’exprimer une vision sociale de ce que représente Barbie dans notre société actuelle. En tant que jeune femme issue de la génération Z, bercée par les films d’animation Barbie Fairytopia, Barbie apprentie princesse et bien d’autres, j’ai grandi avec une figure qui, depuis près de six décennies, incarne une certaine vision de la femme symbolisant la féminité. Cependant, au fil des générations, cette image a souvent été perçue comme limitante et réductrice. Bien que son évolution reflète les enjeux sociaux et politiques de chaque époque, elle reste un catalyseur de débats dans la lutte perpétuelle pour l’émancipation des femmes.
Pourtant, Barbie a longtemps été méprisée, aussi bien par les femmes que par les hommes, en raison de son attachement à une féminité rarement perçue comme une force, mais plutôt comme une expression superficielle. De nombreuses féministes l’ont considérée comme un outil d’oppression, façonné par une vision masculine cherchant à maintenir un contrôle sur la place des femmes dans la société. Paradoxalement, les hommes ont souvent été fascinés par cette esthétique hyper féminine tout en la réduisant à quelque chose de frivole, sans réelle réflexion ni profondeur.
Mais je ne veux plus de cette définition de la féminité, limitante et dénuée de substance. Je pense sincèrement que nous n’avons pas encore exploré toutes les forces créatrices qu’elle renferme. La féminité ne se limite pas à un simple esthétisme visant à accentuer la beauté des femmes, ni à une mise en valeur destinée à attirer l’attention. Elle est avant tout une histoire de bien-être physique et mental, un processus d’acceptation et d’épanouissement personnel, affranchi de toute quête de validation extérieure.
Re-questionner la définition de la féminité, c’est mettre en lumière la manière dont celle-ci a été historiquement utilisée pour opprimer et contrôler les femmes. La féminité en soi n’est pas le problème. Le véritable enjeu, c’est que, dans une société patriarcale, il est inconcevable d’attribuer à la féminité une force intrinsèque qui n’est pas conditionnée par la validation masculine ou sociétale. Lorsque l’on définit la féminité comme superficielle, on ouvre la voie à son oppression, en renforçant une domination masculine. En réduisant la féminité à un simple esthétisme sans profondeur, la société s’approprie en réalité cet esthétisme, dont la valeur dépend exclusivement du regard des hommes.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que la féminité, par son esthétisme captivant et créatif, constitue une forme de pouvoir. Il est scientifiquement prouvé que ce qui est esthétique attire naturellement l’œil humain. Pourtant, ce mépris de la féminité a créé l’illusion que sa valeur ne vient que de l’approbation sociale, et non de son pouvoir créateur . En méprisant cette esthétique, la société perpétue un cycle d’oppression où l’on réduit la féminité non pas pour ce qu’elle est, mais parce qu’elle est inévitablement liée à la FEMME et parce que c’est un esthétisme qui est lié à la femme, la féminité est méprisée. Cette forme de violence normalisée réside dans le fait qu’en la définissant comme superficielle, on prive la féminité de son potentiel véritable ou la dénature de toutes formes de raisonnement intellectuel profond.
Il est peut-être temps, si je peux me permettre d’emprunter un terme anglais, d’être un “Alchemist” et de transformer cette vision réductrice de la féminité. Trop longtemps façonnée par des normes qui conditionnent l’existence des femmes à la validation masculine, elle mérite d’être réappropriée, et si notre plus grande force résidait dans notre féminité ?



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